Comme chaque matin, j'empreinte le chemin qui me conduit a l'établissement qui me sert de Lycée. Arrivée là-bas, je fais la bise quotidienne à Tom; la seule personne avec qui je m'entends bien, et qui me soutient, ce qui est réciproque. Bill et sa petite amie Chelsea, sont à quelques mètres de nous, avec leur "nouvelle bande de potes depuis quelques mois". En effet, depuis, ils nous évitent et ne se préoccupent pas une seule fois de nous. CHELSEA, ce prénom me rend dingue, c'est elle qui a tout foiré, c'est elle qui nous a volé Bill, notre Bill. C'est la fille que je déteste le plus dans ce monde, elle le sait bien évidement, et elle en profite pour me rendre la vie impossible. Pourquoi je ne l'aimes pas? Tout simplement parce qu'elle détruit chaque jour Bill un peu plus. Depuis qu'il connaît cette fille, Bill n'est plus le même, il a totalement changé. Je ne suis pas la seule à le penser. Son frère aussi pense la même chose que moi, nous en avons parler l'autre soir, ou Bill, comme de nombreuses fois à laisser son frère en plan pour aller rejoindre Chelsea. Tom a essayé à plusieurs reprises de parler à son jumeau, mais tout de suite, il s'emporte en répondant méchament " Ce n'est pas de ma faute si toi tu n'as pas encore trouvé l'amour! Laisse-moi vivre tranquille avec Chelsea ". A chaque discussion de ce type, Bill prend la fuite. Depuis quelques temps il évite son frère, et n'en fait qu'à sa tête. Désormais, il voit sa vie à travers celle qui lui sert de copine. Pardonnée moi d'être vulgaire, mais en plus de me l'avoir volé, elle me l'a complétement changé. Non, non et non je ne dis pas ça parce que je ne l'aimes pas, je dis tout simplement la vérité.
Les disputes entre Tom et Bill sont très fréquentes, pas au Lycée mais chez eux. Pourtant, avant ils étaient si proches l'un de l'autre, l'un savait tout de l'autre, absolument tout. Maintenant, quand Tom a besoin de se confier à quelqu'un, il se retourne vers moi, il ne reconnaît vraiment plus son frère, celui qui un jour lui a dit " Ne t''inquiètes pas Tom, quoiqu'il arrive, je serais toujours là pour toi, toujours. " C'est dans ces moments là qu'on réalise que les promesses ne sont pas toujours tenues. Tom en souffre, beaucoup plus qu'il ne le montre. Il ne me le dit pas pour autant, mais je m'en doûtes bien. Nous nous connaissons depuis l'enfance, alors, vous imaginez que j'arrive à perçevoir ces choses.
Elle me l'a volé, détruit, saoulé à la drogue. Ce n'est plus le même. Depuis qu'ils sont ensemble, Bill s'est mis à boire et à fumer, sans modération. Tous les soirs le couple se retrouve dans un bar pour se rendre saoul, pendant que Tom et moi cherchons une solution à ce calvaire que nous endurons chaque jour en la fermant. Merde, il faut que ça cesse. Comment? Je n'en ai aucunes idées.
Bill s'est mis à m'éviter aussi depuis quelques temps, enfin, je veux dire depuis sa rencontre avec elle. C'est vrai, avant on n'était comme frère et soeur, il savait tout de moi, je savais tout de lui, je n'irais pas à dire comme son jumeau, mais presque. L'année dernière, nous sommes sortis ensemble, mais au bout du 5ème mois, il m'a laissée pour Chelsea. Du jour au lendemain, tout a été fini, sans aucunes explications. Puis, après, il est quand même revenu s'expliquer. Comme je ne voulais pas le perdre, je lui ai pardonné, et nous avons fait comme si rien ne s'était passé. Pour lui, apparement, c'était facile, contrairement à moi. Je l'ai toujours vécu très mal, sans rien dire à personne bien évidemment. Mais pourquoi est-ce que je l'aime encore lui, celui qui détruit ma vie peu à peu, dîtes-moi pourquoi, je n'en peu plus.
- Il devient vraiment nimporte quoi.
- Je sais Tom, je sais. Je n'ai plus la force d'essayer de lui parler, du moins je n'y arrive plus, dis-je désespérée de ce qu'il se passe.
- Surtout toi qui...
- Moi qui quoi? dis-je en coupant Tom.
- Eh bien, toi qui... non laisse tomber.-
Ils se voyent ce soir?
- A ton avis... dit Tom dans un long soupir.
- Ca ne m'aurait pas étonnée. Ce soir, j'irai le voir, quitte à provoquer une dispute, tant pis, dis-je sûre de moi.
- Tu es sûre? Mais il te rejettera, tu sais comment ça se passe avec moi !
- Eh bien tant pis, il faut que je lui parle. Tu crois que c'est facile pour moi? Et pour toi! Tant pis, ce soir j'irai.Effectivement, je dois lui parler, quitte à le perdre complétement, certes je n'aurai plus aucunes raisons de vivre, mais tant pis, je lui aurais parlé. Je ne peux pas rester dans cet état.
Dans la soirée.
D'un pas décidé, je marche en direction de la maison des jumeaux. Après quelques minutes, je me retrouve face à leur porte d'entrée. J'hésite à sonner, mais je le fais. La porte s'ouvre sur Bill, une bière à la main, apparement seul.
- Ah Lee, tu viens voir mon frère, enfin Tom? demande Bill.
Il ne veux même plus l'appeler par le lien fraternel.
- Non, toi.- Ah... et tu viens pour quelle raison? demande Bill, surpris.
- Je peux entrer?
- Ben... entre. Nous nous retrouvons assis sur le canapé. Après quelques secondes de silence, je me lance.
- Ecoute Bill, je voudrais te parler sérieusement.
- Je te le dis tout de suite, tu sais très bien que tes discussions barbantes à deux balles, ça ne m'intéresse pas, je ne perds pas mon temps pour ça, rétorqua Bill après avoir bu une gorgée de bière.
Je me lève d'un coup sec, sous le regard outré du brun.
- Tu vois, déjà là tu commences, je n'ai pas eu le temps d'en placer une que tu m'agresses déjà dans tes propos, écoute moi, merde. Et puis, ce n'est pas une conversation à deux balles tu vois. - J'ai pas besoin de t'écouter, tu vas encore me dire que je dois quitter Chelsea! De toute façon, tu as cru que tu allais guider ma vie, en me disant ce que je devais faire? Tu te rappelles de ce que tu as fait à Chelsea? Non, visiblement tu ne t'en rappelles pas! T'es plus rien pour moi Lee, plus rien. T'as faillit foutre la vie de Chelsea en l'air, tu ne t'en rends même pas compte, TOUT EST DE TA FAUTE! Sors maintenant, sors. Je le regarde droit dans les yeux, les larmes commencent à couler, je n'attends pas une seconde de plus et me met à courir après avoir pris soin de claquer la porte d'entrée, aussi fort que la colère m'envahit à ce moment là. Je traverse les rues en courant, quelques fois je m'arrête pour reprendre correctement mon souffle qui ne reste pas constant. Cette fois, je m'assois sur le rebord d'un trottoir tout en ramenant mes jambes à ma poitrine et en engouffrant ma tête sur mes genoux. Je pleure, comme à ma grande habitude, ma vie quotidienne se résume à des pleures, des souffrance, rien d'autres. Il ne comprend rien, il ne comprendra jamais rien. Mais comment il peut me dire ça à moi, comment? Pourquoi dit-il que tout est de ma faute alors que cette Chelsea est une manipulatrice, expliquez-moi pourquoi. Il m'a totalement détruite cette fois, totalement. Je n'ai vraiment plus aucunes raisons d'occuper ce monde, aucunes...
<< Tout ce que j'ai toujours voulu était que tu saches;
Tout ce que je peux faire c'est donner mon coeur et mon âme;
Je peux à peine respirer, j'ai besoin de te sentir ici avec moi. >>
Je te hais autant que je t'aime; alors imagine à quel point je te déteste.
Le lendemain, je me lève difficilement, mon maquillage est encore présent sur mon visage, on y perçoit les traces de ricils qui ont coulé de mes yeux. Aujourd'hui, je n'irais pas au Lycée, tout simplement parce que hier, j'ai été humilié par la personne que j'aime le plus au monde, pourtant cette personne je la déteste tant. Elle m'a abandonnée, lachée, humiliée, détruite. Je ne veux plus vivre, non, je ne veux plus me battre contre cet amour qui ne fait qu'envahir mon coeur de souffrance. Mais bordel, qu'ais-je fais au monde pour que tout ça m'arrive? Sûrement quelque chose de grave, pour en arriver jusqu'ici. Il n'y a personne chez moi, je suis seule. Consciente de l'acte que je vais pouvoir faire dans une poignée de secondes, je me rends dans la salle de bain. Je ne prends même pas le temps de m'habiller, de me coiffer ni de me maquiller. J'ouvre délicatement la porte du placard puis me munie de cette lame de rasoir. J'y pensais depuis quelques jours, cette fois, je vais le faire, quitte à m'auto-détruire à mon tour, ma vie à moi ne compte plus, même si je le déteste, sa vie m'importe beaucoup plus que moi-même. Je commence par de petit vas et viens sur toute la longueur de mon bras, ce qui me fait pousser des petits cris de douleur, mais je continue, à présent, seule la souffrance me fait du bien. Je n'ai plus rien à faire de ma vie, je ne veux plus voir personne. Mon bras droit est recouvert de sang, au point de ne plus voir les plaies, j'ai mal, mais tant pis c'est là ou je voulais en arriver. Je dépose le rasoir sur le bord du lavabo avec le peu de force qu'il me reste et me laisse glisser contre le mur, recroquevillée sur moi-même. Mon regard se porte sur mes bras, le sang ne cesse de s'écouler de mes plaies. J'ai peur, j'ai mal, mais je l'aurais voulu. Peu à peu, mes yeux se ferment, je ne pense plus, je ne sens plus rien autour de moi,
Le vide.